Mais qu'est-il donc arrivé à notre cadeau Bonux? Fleuron d'une révolution culturello-commerciale, il est devenu au fil du temps LA valeur ajoutée indispensable. Aujourd'hui, nous ne sommes plus étonné de voir flotter, devant nos yeux cotonneux, dans notre bol de chocolat matinal, le petit jouet sous emballage plastique, à la facture approximative, qui fait le bonheur de tant d'enfants à travers le monde. Des collections entières s'amoncellent en haut du frigo, une vraie réserve de Père Noël à destination du neveu ou de la petite dernière de la concierge. Monsieur Kinder, lui, a été visionnaire en désolidarisant la "surprise" du produit principal et en l'enfermant dans un emballage de chocolat. Il a même poussé l'économie à ne pas faire assembler ses petits jouets par les mains expertes d'enfants asiatiques, mais par les celles de papas occidentaux attentionnés. Et les "trucs en plus" sont partout! Il n'y a pas d'abonnement à un journal ou un magazine sans son réveil matin, sa calculatrice, sa clef usb, sa lampe frontale... Quoi de plus naturel, au restaurant, que ces petits bonbons au moment de l'addition (on se demande parfois si ce n'est pas pour l'aider à la faire passer ou tout simplement pour que leur goût nous aide à oublier ce que l'on a mangé). Jusqu'à ce qu'un jour, on vous offre un pavé de verre incrusté (voir photo) pour avoir mangé un buffet à volonté pour 10 Euros. Un trophée! Mais pour quelle victoire? C'est inquiétant... Et notre esprit travaille (de concert avec l'estomac) toute la journée car le poids de notre cadeau, dans notre poche, nous rappelle sans cesse son existence. Une fois chez soi, après avoir porté notre fardeau toute la journée, on le regarde fixement et l'on se demande:
a) Pourquoi ne l'ai-je pas abandonné au coin d'un couloir?
b) Que vais-je faire de toi?
A partir d'aujourd'hui, toute demande d'adoption de cet objet sera étudiée promptement et de manière peu approfondie.

